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Parlement des enfants

boussole Classes de CM2 de la ville
public Elèves de CM2

Le Parlement des Enfants dit "Non ! aux abus sexuels"

 

Comme chaque année, depuis 2003, les élèves de CM2 de la ville revêtent leur costume de députés junior. Un costume qui, pour la 9ème édition du Parlement des Enfants (2011-2012), les a sensibilisés à un sujet très sensible : les abus sexuels.

Le sujet a été l’occasion d’un échange collectif entre tous les élèves qui ont rédigé un texte, sous la forme d’une proposition de loi. Cet écrit a été présenté par les élèves eux-mêmes en séance plénière du Parlement des Enfants de Dammarie-lès-Lys le 7 juin 2012.

Avec ses partenaires institutionnels et associatifs, la ville de Dammarie-lès-Lys a diffusé des supports et a proposé un spectacle et des animations pour que chaque élève de CM2 dispose des outils qui lui permettent de prendre conscience du fait que les enfants ont un rôle actif et utile à jouer pour s’auto-protéger, même si cela n’est évidemment pas suffisant pour garantir totalement leur sécurité.

 

 

Les outils pédagogiques

 

1 - Le kit pédagogique

Le 21 novembre 2011, le député-maire Jean-Claude Mignon a fait la tournée des classes dammariennes afin de distribuer aux élèves de CM2 le traditionnel kit pédagogique, outil indispensable pour mener à bien leur mission parlementaire. A l’intérieur du sac à dos logoté « Parlement des Enfants de Dammarie-lès-Lys », divers ouvrages et documentation sur le thème. Les élèves ont ainsi pu découvrir la convention du conseil de l’Europe sur la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels et les deux livres suivants :

 

Amicale du conseil de l'europe
  • J’ai peur du monsieur de Virginie Dumont (Actes Sud Junior, 2007)
    Depuis que Sophie a huit ans, ses parents l'autorisent à rentrer seule de l'école et elle en est très fière. Jusqu'au jour où son chemin croise celui d'un exhibitionniste, et tout s'écroule. S'ensuit toute une réflexion avec les parents et l'école sur le respect du corps et les agressions sexuelles (pédophilie, exhibitionnisme).
SEDL
  • Abus sexuels Non ! de Delphine Saulière et Bernadette Després (Bayard, 2004)
    Ce n'est pas facile de parler des violences sexuelles à un enfant! Ce petit guide aborde le sujet pour aider l'enfant à se protéger en repérant les situations à risques et l'inciter à rompre le silence s'il en est victime. Certaines personnes, même si elles sont très gentilles, peuvent être dangereuses.

 

 

2 - Interventions de l’UNICEF dans les écoles

 

3 - Intervention de Mme Aurore Clemens, psychologue

 

Amicale du conseil de l'europe

4 - Le spectacle "Les petits silences"

Le 29 mars 2012, les CM2 des écoles de la ville ont assisté à la pièce de théâtre « Les Petits Silences » jouée par la compagnie de théâtre masqué « Démons et Merveilles », et qui traite d’un sujet grave : les violences sexuelles sur les enfants.  

Avant le démarrage de la pièce, Xavier Jollivet, le directeur de la compagnie, a pris la parole et a expliqué aux enfants que leur troupe allait jouer sans les mots, avec des gestes et sous les masques. Il les a également prévenus également que le thème qui allait être abordé évoque la maltraitance vécue par certains enfants. Enfin il les a rassuré en disant qu’ils ont le droit de ne pas aimer, d’être mal à l’aise face au sujet.

Au début de la pièce, des hommes heureux, une musique joyeuse sur des airs d’accordéon, une petite fille qui joue et sourit, des fleurs qui poussent. Puis une voix-off questionne « Pourquoi un enfant pleure, pourquoi un enfant ne rit plus, pourquoi un enfant garde les yeux fermés, pourquoi un enfant s’enferme-t-il dans le silence, pourquoi ?» Très vite, les rires ont cessé, le ton était donné… l’ambiance devint plus lourde. En bruit de fond, on entendait les battements d’un cœur qui s’accélèrent. Les acteurs ont réussi leur pari : captiver des enfants, sur un sujet aussi sérieux…

Le reste est dans la suggestion. La petite fille si joyeuse a perdu son sourire et se réfugie dans un carton. La voix-off reprend « Tu veux savoir pourquoi je pleure, pourquoi j’ai peur, pourquoi j’ai cassé mon miroir, pourquoi je ne joue plus dans la cour de récréation, pourquoi je regrette d’être née, c’est un homme ordinaire, ça pourrait être mon père… ». Les élèves ont saisi de quoi il s’agissait, certains ont mis la main devant la bouche à la vue de cette poupée abimée, d’autres ont chuchoté à leur voisin car ils ont compris que l’irréparable a été commis. Incitée à parler, la jeune fille va se libérer en mettant des mots sur ce qu’elle a subi. A la fin de la pièce, elle retrouve le sourire, tout comme ces dizaines de poupées écorchées, car ils ont compris que la parole était salvatrice…

Après la représentation, la parole a été donnée aux enfants qui ont pu s’exprimer sur ce qu’ils venaient de voir. Une voix timide a demandé pourquoi la troupe a choisi le thème de la violence. Hélène Taudière, co-directrice, explique que la troupe a croisé au cours de ses vingt années d’expérience des centaines d’enfants, et que parfois, certains n’étaient pas toujours si heureux et insouciants qu’un enfant devrait l’être, ce qui les a fait s’interroger sur ce qui pouvait les rendre tristes. Un jeune garçon voulait être certain d’avoir bien compris et a demandé « Mais qui est la personne avec un sachet sur la tête ? ». Ces camarades ont alors répondu spontanément « un violeur ». Le mot a été dit. Un autre a renchéri « Mais qui est l’agresseur », question à laquelle Hélène Taudière a répondu que ça peut être tout le monde, et qu’il n’y a pas de profil particulier. Ajoutant toutefois que fort heureusement, tous les adultes ne sont pas méchants ! A la fin de l’échange, Hélène Taudière a conclu sur l’importance de la parole car parler peut sauver des vies, et les adultes ont obligation de protéger et d’écouter les enfants.

 

 

Clôture de la 9ème édition : deux propositions de lois finalistes

Toutes les informations et animations proposées dans le cadre de cette 9ème édition du Parlement des Enfants ont permis aux classes de rédiger leur proposition de loi avant que l’une d’elles n’ait été choisie le juin lors d’une séance parlementaire exceptionnelle à l’Espace Nino Ferrer et qu’une classe obtienne le titre très convoité de lauréate du Parlement des Enfants.

Pour cette 9ème édition, deux propositions de loi ont été finalistes.

 

1. Proposition de loi visant à faire reculer la maltraitance faite aux enfants en mettant à leur disposition des moyens nouveaux de se signaler, d’obtenir de l’aide.
Ecole René Coty – Classe de M.Reverbel

 

Exposé des motifs
Madame, Monsieur,
Dans le cadre de notre engagement dans le Parlement des Enfants de Dammarie-lès-Lys, nous avons été amenés à nous intéresser à la maltraitance faite aux enfants.

Après avoir rencontré différents spécialistes de l’enfance, après en avoir discuté entre nous et en avoir débattu, nous avons pensé que, peut-être, le meilleur moyen de tenter de faire reculer ces crimes était de proposer un moyen supplémentaire (nous connaissons l’existence du 119) pour les enfants victimes, ou leur proches, de rompre le silence qui entoure souvent ces crimes et qui soit facilement accessible.

En effet, avec la disparition des lignes téléphoniques aux domiciles, avec la raréfaction des cabines téléphoniques, nous nous sommes demandés comment un enfant victime, un enfant témoin ou confident pourrait signaler un cas de maltraitance.
C’est pourquoi, nous avons pensé que de faire poser dans chaque école une boîte réservée à cet usage, avec la garantie que son contenu sera étudié par un spécialiste, pourrait être un moyen supplémentaire dans la lutte contre ces crimes.

Nous avons également pensé qu’en augmentant le nombre de visites médicales obligatoires faites à l’école (aujourd’hui : une en fin de maternelle et une en CM2, ce qui revient à une visite au bout de trois ans d’école maternelle et cinq années de primaire…) permettrait de dépister plus rapidement d’éventuels cas de maltraitance.

Au delà de ces possibilités de signalement et de dépistage, nous visons à faire reculer le nombre de cas de maltraitance face aux enfants en inquiétant les auteurs de ces crimes. Nous imaginons qu’un tel dispositif à l’intérieur de l’école, s’il était mis en place, serait de nature à les en dissuader.

Aussi, nous avons rédigé la proposition de loi suivante.

 

PROPOSITION DE LOI

Article 1
Durant sa scolarité maternelle et primaire, chaque élève devra passer au moins quatre visites médicales.

Article 2
Ces visites médicales seront assurées par un personnel formé au dépistage de la maltraitance.

Article 3
Dans tous les établissements scolaires sera installée, dans un endroit discret mais facilement accessible, une boîte aux lettres. Elle servira, pour les élèves qui le souhaitent, à déposer un témoignage ou une demande d’aide.

Article 4
Cette boîte sera régulièrement relevée par un spécialiste référent qui étudiera chaque cas.

Article 5
Tous les élèves recevront une information adaptée à leur niveau sur la maltraitance et seront informés de l’existence de cette boîte, de son emplacement et de son rôle.

 


 

2. Proposition de loi visant à apprendre aux enfants à lutter contre la maltraitance.
Ecole Henri Wallon – Classe de Mme Séchaud et M.Jouen


Exposé des motifs
Grâce aux interventions dans nos classes de cours moyen depuis le début de l’année, on a appris que :

 -Une loi, c’est permettre, obliger, interdire ;
 -La maltraitance vis-à-vis des enfants peut prendre plusieurs aspects : physique, psychologique, affectif.

Maintenant on se sent plus fort pour lutter contre cette maltraitance, parce qu’on en a parlé, parce qu’on sait qu’il faut dire NON.

Alors on propose que comme nous, tous les enfants reçoivent l’information et soient capables de faire face.

 

PROPOSITION DE LOI 

Article 1
Chaque enfant scolarisé recevra en début d’année l’information indispensable sur la maltraitance. Il y aura distribution d’un kit adapté à l’âge de l’élève, contenant la documentation nécessaire, les numéros d’urgence et les coordonnées des services capables d’aider.

Article 2
Dans chaque ville, une formation sur la maltraitance sera proposée aux familles en lien avec les enseignants (par exemple dans les centres sociaux) pour que les parents puissent en parler à la maison avec leurs enfants.

Article 3
Il faudra faire passer des publicités sur les programmes TV, à la radio, sur les affichages publics et sur internet qui rappeleront à chacun ce qu’il faut savoir sur la maltraitance, comment intervenir et quel est le numéro d’urgence.